July 1, 2026

Samira LIBOCK

Une initiative née d’un besoin personnel

Samira LIBOCK, promotrice de MASSEH Culture, organise depuis décembre 2022 des ateliers de peinture dans les villes de Yaoundé et Douala. Le nom MASSEH vient de la langue Bassa et signifie la joie. À travers ce projet, elle souhaite donc transmettre une véritable “culture de la joie”.

Avant MASSEH Culture, elle avait déjà lancé DSF, une page dédiée à la confiance en soi. Mais c’est après une période difficile de sa vie qu’elle comprend l’importance de créer un espace où chacun peut s’exprimer autrement.

« C’était la première fois que je reprenais une classe, et personnellement, j’avais l’impression d’être un échec. »

À ce moment-là, elle ressent le besoin de participer à un atelier de peinture pour se détendre et se reconstruire. Finalement, elle décide d’organiser elle-même son premier atelier.

« Je me suis dit : je poste une affiche. Si les gens sont intéressés, ils viennent ; sinon, je fais toute seule. »

Des ateliers pour se détendre sans pression

Les ateliers de MASSEH Culture sont pensés comme des espaces de liberté. Les participants commencent par réaliser des croquis, puis passent à la peinture, tout en étant accompagnés durant le processus.

L’objectif n’est pas de juger la qualité du résultat, mais de permettre à chacun de se sentir à l’aise, de s’exprimer et de profiter d’un moment pour soi.

« Ce n’est pas un concours, c’est vraiment une bulle dans laquelle vous venez vous détendre. »

À travers la peinture, MASSEH Culture offre aux participants un moment sans compétition, sans pression et sans peur de mal faire.

L’art comme moyen d’expression

Pour Samira, la peinture est un canal puissant pour exprimer ce que l’on ressent. Elle voit souvent des personnes arriver avec des doutes, sans croire en leur capacité à créer quelque chose. Mais à la fin de l’atelier, beaucoup repartent fières d’elles-mêmes.

« Je suis toujours très contente de voir des personnes qui doutaient d’elles-mêmes rentrer en étant fières d’elles. »

C’est cette transformation qui la motive : voir une idée prendre forme, devenir utile aux autres et leur permettre de se reconnecter à eux-mêmes.

« Il y a une magie qui s’opère lors des ateliers de peinture. »

Entreprendre dans un domaine encore peu connu

Lancer un projet comme MASSEH Culture au Cameroun n’a pas été simple. Samira explique que l’un des plus grands défis a été de faire comprendre aux gens qu’ils avaient besoin d’activités leur permettant de s’exprimer sainement, sans forcément tomber dans les excès.

« Le défi majeur a été de faire en sorte que les Camerounais se rendent compte du besoin d’avoir une activité pour s’exprimer. »

Sa mère la taquinait parfois en disant qu’elle faisait des “activités de Blancs”, mais cela ne l’a jamais découragée. Elle a également pu compter sur des amis qui l’ont soutenue dans son projet.

Une jeunesse qui ose malgré les risques

Pour Samira, ntreprendre dans un domaine artistique et encore peu connu demande de l’audace. Mais elle considère aussi que sa jeunesse est une force, car elle lui permet d’essayer, d’échouer, d’apprendre et de recommencer sans avoir l’impression de risquer toute sa vie.

« Le fait d’être jeune me donne la possibilité d’échouer sans avoir la pression de risquer toute ma vie. »

À travers MASSEH Culture, Samira LIBOCK montre que l’art peut devenir un refuge, un outil de confiance en soi et un espace de joie. Son projet rappelle qu’il est possible de créer des lieux où les gens viennent non pas pour être parfaits, mais pour être eux-mêmes.

SARAH MBASSI