René Davy Manga

Dessiner pour exprimer ce que les mots ne disent pas
Pour Rendav, le dessin est avant tout une manière de traduire ses émotions. Lorsqu’il traverse des frustrations ou des moments difficiles, il ressent souvent le besoin de prendre un stylo et de griffonner.
« Suite à certaines frustrations, j’ai vraiment besoin de prendre le stylo et griffonner quelque chose. »
Son inspiration vient de ce qu’il observe autour de lui : les personnes, les histoires, les attitudes, les œuvres qu’il découvre et les émotions qu’il ressent.

Le portrait comme célébration de la beauté
Même s’il touche à plusieurs formes d’illustration, Rendav, affectionne particulièrement les portraits. Il les considère comme sa “spécialité du chef”. Pour lui, dessiner un visage, ce n’est pas seulement reproduire des traits : c’est aussi mettre en lumière une présence, une personnalité et une beauté.
« En dessinant les portraits, c’est une occasion pour moi de célébrer la beauté des gens. »
En dehors des portraits, il réalise aussi des fan arts, inspirés de livres, de dessins animés ou de films, ainsi que quelques projets de bande dessinée.
L’illustration, un vrai métier
Rendav, tient à rappeler que l’illustration n’est pas seulement un loisir. C’est un véritable métier, même si le parcours peut parfois être difficile.
« Être illustrateur, c’est un vrai métier, parce qu’il y en a qui vivent de ça. »
Selon lui, ce métier peut réellement payer lorsqu’on apprend à professionnaliser son travail, à bien choisir ses clients et à comprendre l’économie autour de ce que l’on propose.
« Ça paie quand on a vraiment l’intention et la volonté de professionnaliser ce qu’on fait. »
Rendav: créer des expériences hors des réseaux sociaux
En plus de son travail personnel, Rendav, développe Rendav, un projet culturel et créatif lancé avec un directeur artistique avec qui il collabore depuis 2022. L’objectif est de proposer de vraies expériences artistiques en dehors des réseaux sociaux.
« Il était important de créer des expériences en dehors des réseaux sociaux. »
Avec Rendav, il souhaite permettre au public de découvrir de nouveaux artistes, ou de redécouvrir certains créateurs sous d’autres facettes. Le projet cherche aussi à créer un lien plus direct entre les artistes et leur public.
« Il est possible, de diverses manières, de créer du lien avec le public. »

Des inspirations camerounaises
Parmi les artistes qui l’inspirent, Rendav, cite notamment George Pondy, un artiste camerounais qui lui a donné envie de s’intéresser davantage à la bande dessinée.
Grâce à ce type de modèle, il comprend qu’il est possible de porter la bande dessinée au Cameroun et de créer des œuvres capables de parler à un public local, tout en ayant une ambition plus large.
Faire reconnaître les artistes visuels
Rendav, estime que le regard porté sur les artistes visuels évolue progressivement. De plus en plus de personnes comprennent que l’illustration, le dessin ou la bande dessinée peuvent transmettre des messages forts et des valeurs importantes.
« Les gens se rendent compte qu’il est possible de transmettre des messages intéressants et des valeurs à travers l’art visuel. »
Son ambition est de voir son travail reconnu au-delà du Cameroun et de collaborer avec des artistes et partenaires à l’international.
À travers son parcours Rendav, montre que le dessin peut être bien plus qu’une passion d’enfance. Il peut devenir un métier, un outil d’expression, un moyen de célébrer les autres et une passerelle entre les artistes et le public.
Son histoire rappelle qu’il est possible de créer, de se professionnaliser et de faire exister l’art visuel camerounais au-delà des frontières.
INES KANEBENA