June 27, 2026

Marie Chantal

Une passion venue naturellement

Marie Chantal explique que la couture n’est pas forcément un choix qu’elle a planifié dès le départ. C’est plutôt une passion qui est venue à elle naturellement. Depuis toute petite, elle aimait dessiner et personnaliser ses vêtements.

Avec le temps, ses proches commencent à remarquer son talent et à lui demander de retoucher ou de transformer leurs propres tenues. C’est ainsi que l’envie de créer des vêtements prend forme.

« La couture, c’est quelque chose qui est venu à moi. Ce n’est pas une chose que j’ai forcément choisie. »

Même pendant ses études, son projet reste au centre de ses ambitions. Elle raconte que ses professeurs entendaient souvent parler de De Icon, preuve que cette marque faisait déjà partie de son identité.

Croire en soi malgré les doutes

Quand elle décide de se lancer professionnellement, tout le monde ne croit pas forcément en son projet. Certaines personnes doutent de sa capacité à faire payer ses créations à leur juste valeur.

« On m’a dit : personne ne coudra jamais 25 000 FCFA chez toi. »

Mais au lieu de se laisser décourager, Marie Chantal reste concentrée sur sa vision. Elle comprend qu’elle doit elle-même donner de la valeur à son travail. C’est ainsi qu’elle ose annoncer des prix plus élevés pour ses créations, jusqu’à vendre des tenues à 100 000 FCFA ou 150 000 FCFA.

Cette audace lui permet de réunir rapidement les moyens nécessaires pour avancer dans son projet, notamment payer son loyer en une semaine.

De 25 000 FCFA à des créations à plus d’un million

Aujourd’hui, Marie Chantal peut mesurer le chemin parcouru. Depuis la création de De Icon, elle a déjà réalisé plusieurs tenues à plus d’un million de francs CFA. L’un de ses contrats les plus marquants a été une création destinée à la fille du président d’Art.

« Depuis que j’ai créé De Icon, j’ai déjà eu à toucher plusieurs fois 1 000 000 FCFA pour une tenue. »

Ce parcours montre qu’un projet peut évoluer bien au-delà des limites que les autres imaginent pour nous. Là où certains pensaient qu’elle ne pourrait pas vendre une tenue à 25 000 FCFA, elle a prouvé que son travail pouvait valoir beaucoup plus.

La couture comme lien humain

Pour Marie Chantal, la couture ne se résume pas à l’argent. Ce qui la touche le plus, c’est d’accompagner les gens dans des moments importants de leur vie. À travers ses créations, elle a le sentiment de faire partie de souvenirs qui resteront longtemps dans la mémoire de ses clients.

« J’ai l’impression de faire partie des souvenirs qui vont rester dans la tête des gens. »

Elle accorde beaucoup d’importance au contact humain, à l’échange et à la connexion qui se crée entre elle et les personnes qui portent ses tenues.

Mettre son âme dans ce qu’on fait

Marie Chantal affirme vivre aujourd’hui de la couture, et uniquement de la couture. Pour elle, cette réussite vient du fait qu’elle met toute son énergie, sa personnalité et son âme dans son art.

« Je vis bien de la couture, et uniquement de la couture. »

Son univers créatif s’inspire aussi de matières qu’elle affectionne particulièrement, comme la paille, qu’elle intègre dans ses créations pour transmettre une part de ce qui la fait vivre artistiquement.

À travers son histoire, Marie Chantal espère inspirer celles et ceux qui ont peur de se lancer. Elle veut montrer qu’il est possible de réussir dans un domaine, même lorsqu’on ne l’a pas étudié de manière classique.

« On peut avoir peur de se lancer dans quelque chose et réussir dans cette chose-là. »

Aujourd’hui, elle est fière d’être une jeune femme camerounaise qui avance naturellement, sans se compromettre, dans un domaine qu’elle a appris à construire avec passion.

Son parcours rappelle une chose essentielle : il faut croire en ce qu’on fait. Avec de la vision, du courage et de la persévérance, une passion peut devenir une marque, un métier et une véritable contribution à l’édifice.

INES KANEBENA