Leslie KOKO

Une vocation née d’un choix assumé
Avant de se lancer dans ce domaine, Leslie KOKO vivait à Dubaï. De retour au Cameroun, une conversation avec son oncle l’amène à réfléchir à son avenir. Lorsqu’il lui demande ce qu’elle souhaite faire, sa réponse est directe : pourquoi pas travailler autour de la mort ?
Dès ses premiers jours dans la thanatopraxie, elle est marquée par le contact avec les corps. Loin d’en avoir peur, elle découvre un métier qui la touche profondément.
« M’occuper d’une personne décédée était l’une des meilleures choses de ma vie. »
Elle explique avoir choisi ce domaine par passion, mais aussi par amour du soin apporté aux défunts.
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Un rapport particulier avec les défunts
Leslie KOKO parle des personnes décédées avec une proximité rare. Elle affirme s’entendre avec eux, leur parler, et les considérer avec beaucoup d’affection dans son espace de travail.
« Moi, je m’entends toujours avec mes macchabées, ce sont mes enfants. »
Avant de commencer son travail, elle prend aussi un moment pour prier. Elle garde avec elle de l’huile d’onction, du sel béni et certains objets spirituels qui l’accompagnent dans sa pratique.
« Avant de travailler, je prie toujours. »
Pour elle, ce métier demande non seulement de la technique, mais aussi de la force intérieure, de la spiritualité et beaucoup de respect.
Un métier difficile, mais nécessaire
La thanatopraxie reste un domaine souvent méconnu, parfois entouré de préjugés. Pourtant, Leslie KOKO  rappelle que le travail en morgue est l’un des plus difficiles dans les hôpitaux. Il demande du courage, de la maîtrise et une grande capacité émotionnelle.
« Le travail en morgue est le travail le plus difficile dans les hôpitaux. »
Elle explique qu’elle ne pleure jamais devant un défunt, même lorsqu’il s’agit d’un membre de sa famille. Pour elle, la morgue est un lieu de travail et de respect ; les larmes viennent ailleurs, notamment à la chapelle.
« On ne pleure pas en morgue, on pleure à la chapelle. »
Même si elle garde une grande maîtrise émotionnelle, certains cas restent particulièrement difficiles. Lorsqu’il s’agit d’un enfant, elle préfère déléguer.
« On le dit toujours : un enfant ne devrait pas mourir. »
Briser les préjugés autour de la mort
Leslie KOKO  sait que son métier peut surprendre, surtout lorsqu’il est exercé par une jeune femme. Mais les jugements extérieurs ne l’arrêtent pas. Elle revendique son choix et encourage chacun à faire ce qu’il aime, sans se laisser enfermer par les regards des autres.
« On fait ce qu’on aime et on ne prend pas compte des préjugés. »
Elle veut aussi montrer qu’il existe de nombreuses jeunes femmes intelligentes, ambitieuses et compétentes dans ce domaine. Pour elle, la mort ne doit pas être un sujet tabou, mais un secteur qui mérite plus de lumière et de reconnaissance.
« Il faut juste quelqu’un qui viendra mettre la lumière sur nous. »

Une entreprise dédiée aux obsèques
Avec Elle qu’a fini en pleine heure, Leslie KOKO  propose plusieurs services liés aux funérailles : organisation des obsèques, location de corbillards, confection de cercueils, gerbes de fleurs et vêtements pour défunts.
Elle voit son entreprise comme une réponse à un besoin réel. Selon elle, s’il existe des wedding planners pour organiser les mariages, il peut aussi exister des funeral planners pour accompagner les familles dans l’organisation des obsèques.
« S’il peut y avoir des wedding planners, il peut y avoir des funeral planners. »
De grandes ambitions pour l’avenir
Leslie KOKO  se voit aller très loin. Elle ambitionne de développer sa propre pompe funèbre d’ici décembre 2026, puis d’ouvrir plusieurs morgues à l’avenir.
« Je me vois aller très loin. »
Elle affirme avec assurance vouloir devenir la meilleure dans son domaine au Cameroun. Pour elle, son métier n’aura pas d’impact négatif sur sa fille ; au contraire, elle espère qu’elle sera fière de son parcours.
« Je serai la meilleure au Cameroun, elle sera fière de dire qu’elle est ma fille. »
À travers son histoire, Leslie KOKO  veut encourager les jeunes à oser se lancer dans ce qu’ils aiment, même lorsque le domaine choisi semble difficile, étrange ou incompris.
Son parcours rappelle que chaque métier a sa valeur lorsqu’il est exercé avec passion, respect et professionnalisme. En choisissant la thanatopraxie, Leslie Coco apporte de la dignité aux défunts, du soutien aux familles et une nouvelle lumière sur un métier essentiel, mais encore trop souvent méconnu.
KRISTEVA FOPA