August 27, 2025

Christine Nguedjeu

Des cookies livrés depuis son appartement

Au départ, Christine n’avait pas prévu d’ouvrir un restaurant. Son idée était simplement de proposer un espace physique où ses clients pourraient venir acheter ses cookies et prendre un rafraîchissement.

« On m’a connue comme Christine, la fille qui fait des cookies dans son appartement. »

Elle commence donc à livrer ses cookies depuis chez elle. Très vite, l’activité prend de l’ampleur. En seulement une semaine, elle réalise le chiffre qu’elle gagnait auparavant en tant que salariée.

« En une semaine, j’ai fait le chiffre que je gagnais en tant que salariée. »

C’est à ce moment-là qu’elle comprend que son avenir ne sera plus dans le salariat.

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Recommencer à zéro sans honte

Christine ne cache pas les difficultés de ses débuts. Elle n’était pas pâtissière de formation et a dû apprendre seule. Elle a aussi dû passer d’un environnement de salariée, où l’on reçoit des ordres, à celui de cheffe d’entreprise, où il faut donner une direction.

« Je n’ai pas eu honte de recommencer à zéro et de lancer une petite entreprise de pâtisserie dans ma cuisine. »

Cette transition a été un choc, mais elle l’a poussée à grandir. Aujourd’hui, elle se décrit comme une manager plutôt cool, qui apprend avec son équipe au quotidien.

Transparence, ambition et grands chiffres

À travers son parcours, Christine veut inspirer les jeunes filles et les jeunes garçons qui la suivent. Elle choisit d’être transparente sur son travail, ses résultats et ses ambitions, parce qu’elle estime qu’il faut arrêter d’avoir peur des grands chiffres.

« On a des objectifs d’être millionnaire, pourquoi est-ce qu’on a peur des chiffres ? »

Pour elle, il faut oser regarder plus grand, travailler et croire au rêve que l’on veut construire.

« Travaillez, osez. On ne sait jamais. »

Elle affirme même que si elle avait su plus tôt ce qu’elle pouvait accomplir, elle aurait quitté le salariat plus rapidement.

« Si quelqu’un m’avait dit que je pouvais faire les chiffres que je fais aujourd’hui, j’aurais démissionné un peu plus tôt. »

Une femme entrepreneure qui protège sa vision

Christine insiste aussi sur l’importance de s’entourer des bonnes personnes, surtout lorsqu’on est une femme entrepreneure. Pour elle, il est essentiel d’être avec quelqu’un qui comprend et respecte sa vision.

« Quand on est une femme et entrepreneure, il est hors de question de se mettre avec quelqu’un qui ne partage pas notre vision. »

Elle estime qu’il vaut parfois mieux avancer seule que d’être freinée par une personne qui ne croit pas au projet.

Travailler dur, même quand c’est difficile

Derrière son image solaire et souriante, Christine rappelle que l’entrepreneuriat demande énormément de rigueur. Ce que l’on voit sur internet ne montre pas toujours les efforts, les décisions difficiles et la discipline nécessaires pour faire tenir une entreprise.

« Je peux paraître très solaire, très souriante, mais derrière, il faut une vraie main de maître. »

Elle reconnaît que ce n’est pas facile, mais c’est justement la difficulté qui la motive.

Un conseil : s’informer avant de se lancer

Si elle devait donner un conseil à une jeune fille qui veut entreprendre, Christine lui dirait avant tout de s’informer. Selon elle, les réseaux sociaux contiennent beaucoup de mauvaises informations, et il devient parfois difficile de trouver les bonnes ressources.

« La bonne information est difficile à trouver. »

Pour Christine Nguedjeu, l’entrepreneuriat n’est pas seulement une question d’idée ou de motivation. C’est aussi une question de formation, de lucidité, de travail et de courage.

À travers Suka, elle montre qu’il est possible de partir d’une cuisine, de cookies faits maison et d’une période de chômage pour bâtir un projet solide, ambitieux et profondément personnel.

KRISTEVA FOPA

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