Cathérine NYOKON

Catherine Nyokon : le handicap n’est pas une fin, mais une force pour avancer
Catherine Nyokon est une jeune étudiante en management des entreprises digitales. À 20 ans, elle avance avec courage, ambition et foi, malgré un handicap causé par une maladie appelée la myopathie de Duchenne. Pour elle, son fauteuil roulant ne définit pas qui elle est. Il fait simplement partie de son histoire.
Catherine se décrit comme une personne normale, motivée et déterminée. Même si elle doit parfois se servir d’un fauteuil roulant pour se déplacer, cela ne l’affecte pas psychologiquement. Elle se sent à l’aise avec elle-même et croit qu’elle peut apporter quelque chose de positif aux personnes autour d’elle.
« Mon handicap aujourd’hui fait partie de mon histoire. »
Pour Catherine, le plus important est de continuer à avancer, de se fixer des objectifs et de ne pas laisser les difficultés prendre toute la place.

Une jeune fille motivée malgré les obstacles
Catherine est une personne qui aime aller jusqu’au bout de ce qu’elle commence. Lorsqu’elle entreprend quelque chose, elle ne s’arrête pas avant de l’avoir terminé. Cette force de caractère l’accompagne dans ses études, dans ses projets personnels et dans sa façon de voir la vie.
« Quand je commence à faire quelque chose, je ne vais pas m’arrêter jusqu’à ce que je termine. »
Son ambition ne se limite pas à ses études. Catherine rêve aussi d’ouvrir sa propre agence de communication car au fil de son parcours, Catherine a découvert une véritable passion pour la communication : raconter des histoires, valoriser des idées, créer du lien avec les autres. Un domaine qu'elle a choisi de marier à sa formation en management et digital. Elle souhaite entreprendre, créer par elle-même et se mettre en avant malgré les obstacles.
Elle voit également le chant comme un moyen d’expression. Pour elle, chanter permet de transmettre ce qu’elle ressent, de se libérer et de montrer une autre partie de sa personnalité.

Le bonheur de ses parents comme plus grande fierté
Ce qui rend Catherine le plus fière, c’est de voir ses parents heureux. Elle sait que son parcours n’est pas toujours facile pour eux, surtout pour son père, qui aurait parfois aimé la voir vivre sans certaines limites physiques.
« Quand je vois mon papa heureux pour moi, ça me suffit. »
Parmi les moments les plus marquants de sa vie, Catherine garde en mémoire l’année 2023. Cette année-là, elle obtient son baccalauréat et réussit également le concours national du Génie du Digital. Ce jour-là, elle voit ses parents profondément heureux.
Son père, rempli de joie, la porte même sur son dos pour faire le tour de la maison. Un souvenir fort, tendre et symbolique, qui reste gravé dans son cœur.

Une maladie découverte progressivement
À sa naissance, rien ne laissait penser que Catherine avait un problème de santé. Elle grandit comme les autres enfants, jusqu’au moment où les premiers signes commencent à apparaître.
« On n’a jamais su que j’avais un problème parce que je suis née avec une anomalie appelée la myopathie de Duchenne. »
Selon la médecine, la myopathie de Duchenne est une maladie héréditaire qui affaiblit progressivement les muscles au fur et à mesure que la personne grandit. Catherine commence à ressentir de la fatigue lorsqu’elle arrive en classe de troisième.
Plus tard, son tuteur lui annonce qu’elle devra utiliser une béquille. Cette étape est difficile à accepter, surtout pour sa mère, qui vit mal cette nouvelle réalité. Catherine, elle aussi, ressent de la peine, mais elle finit par avancer avec cette situation.
Avec le temps, elle passe de la béquille au fauteuil roulant. Pour elle, le fauteuil n’est pas une prison. Il sert surtout à éviter qu’on la porte, car elle précise qu’elle peut encore marcher, même si ce n’est pas toujours facile.
Le soutien précieux du professeur BAHEBECK
Dans son parcours médical, Catherine retient particulièrement l’aide du professeur Bahebeck, qui a joué un rôle important dans le diagnostic et le suivi de sa maladie.
« Honnêtement, le professeur BAHEBECK a été d’une réelle aide pour moi. »
Catherine n’est pas la seule concernée par cette maladie dans sa famille. Son frère en est également atteint, avec une situation plus avancée. Il utilise un fauteuil roulant depuis l’âge de huit ans.
Voir le parcours de son frère a poussé Catherine à relativiser, à moins se plaindre et à accepter davantage sa propre situation. Elle a compris qu’elle devait continuer à vivre, à espérer et à construire son avenir malgré les limites imposées par la maladie.

Accepter sans se laisser définir
Catherine reconnaît qu’il lui arrive d’avoir des doutes. Certaines situations la gênent, notamment lorsque des personnes s’arrêtent pour la regarder ou lorsqu’il faut la porter. Elle ne montre pas toujours ses fragilités à son entourage, mais elle apprend à vivre avec.
« Je ne montre pas vraiment autour de moi que j’ai des doutes, mais je fais avec. »
Ce qui aurait pu la faire douter, c’est le fait d’être en fauteuil roulant. Pourtant, elle refuse de considérer cela comme une fin. Pour elle, le handicap ne doit pas empêcher une personne de rêver, d’étudier, d’entreprendre ou d’aimer la vie.
« Avoir un handicap n’est pas la fin du monde. »
Même si, selon la médecine, il n’existe pas encore de chance certaine pour qu’elle remarche un jour, Catherine garde une part d’espoir. Elle rêve qu’un miracle arrive, qu’un remède soit découvert, même si les traitements existants restent très coûteux.
Une mère comme renfort, une famille comme force
Dans les moments difficiles, Catherine a pu compter sur sa mère. Elle la décrit comme une véritable force, une présence rassurante capable de calmer les situations et de lui redonner de la force.
« Ma mère était mon renfort. Quand ma mère venait, le bruit se calmait. »
Ses parents, ses proches et ses amis représentent une grande richesse dans sa vie. Catherine considère ses amis comme un cadeau que Dieu lui a donné à sa naissance. Ils font partie de ce qui l’aide à garder le sourire et à rester debout intérieurement.

Un message d’espoir pour les autres
À travers son histoire, Catherine Nyokon veut transmettre un message clair : le handicap ne doit pas être vu comme une condamnation. Il peut faire partie d’une histoire sans empêcher la personne de rêver, d’apprendre, d’entreprendre et d’inspirer les autres.
Elle veut que les gens retiennent qu’il est possible d’avancer avec un handicap, de rester motivé et de croire en ses capacités.
Pour Catherine, la vraie force ne se trouve pas seulement dans le corps. Elle se trouve aussi dans le courage, dans l’acceptation, dans la foi, dans le soutien de la famille et dans la volonté de continuer malgré tout.
À travers son parcours, elle montre qu’un fauteuil roulant ne limite pas les rêves. Son histoire est celle d’une jeune femme déterminée, portée par l’amour de ses parents, la force de sa mère, ses ambitions et sa conviction profonde : avoir un handicap n’est pas la fin du monde.
Si Catherine devait résumer son avenir en un seul mot, ce serait sans doute : “COMMUNIQUER”
MARINA MOUGNOL